AGENDA DES POLITIQUES ÉTRANGÈRES- LE FUTUR DE L’UNION EUROPÉENNE?

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La crise de l’Union européenne se développe. ” L’Europe peut sortir de l’histoire” a averti le Premier ministre français Manuel Valls dans un discours au Forum économique mondial de cette année à Davos, en Suisse. ”Tous les dangers qui peuvent amener à une dislocation du projet européen, pas dans quelques années, pas dans quelques décennies, mais dans les mois qui viennent”, auquel le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a ajouté, ”serait une catastrophe.”

Les experts pro-Union européenne estiment que le catalyseur de ces craintes est le prochain référendum britannique sur son adhésion à l’UE, qui est due pour la fin de 2017. Toutefois, il est clair que la Grande-Bretagne n’est pas le seul problème en Europe. La crise des migrants ne montre aucun signe de ralentissement, et les stratégies originales de l’Union européenne de coopérer avec la Turquie pour limiter le nombre de demandeurs d’asile et pour la redistribution des migrants à travers le continent ont clairement échoué. La crise est alimentée par l’instabilité politique et la situation économique difficile en Europe du Sud et de l’Est.

Une série d’attaques du ”style de Cologne” qui s’est répandu à travers l’Europe depuis le Nouvel An a clairement montré l’incapacité de la bureaucratie européenne pour résoudre même les problèmes locaux liés au courant incontrôlé de migrants à travers l’Union européenne.

En janvier, plusieurs membres de l’UE ont même menacé d’expulser la Grèce de l’accord de Schengen, qui a éliminé les contrôles aux frontières entre ses signataires, et ce malgré tout l’argent que l’UE a déjà consacré à ce pays. Selon les pays, comme l’Autriche, la Grèce n’a pas réussi à patrouiller ses frontières et doit être punie pour cela. Le 27 janvier, la Commission européenne a publié un rapport disant que la Grèce ”manque gravement à ses obligations” et qu’il y a ”de graves lacunes dans l’exécution des contrôles aux frontières extérieures.” Bruxelles a donné à Athènes trois mois pour améliorer ses contrôles aux frontières au risque d’être évincé de la zone sans passeport. L’Organisation internationale pour les migrations affirme que le nombre total de demandeurs d’asile entrant en Grèce dans leur voyage vers des pays plus prospères en Europe a dépassé 62,000 en janvier 2016. C’est plusieurs fois plus qu’en janvier 2015. Néanmoins, évincer la Grèce hors de la zone Schengen n’aura pas beaucoup d’impact sur l’afflux de migrants vers l’Europe passant par la Grèce, car la Grèce ne partage aucune frontière terrestre avec d’autres membres de l’espace Schengen. Dans tous les cas, l’UE ne peut pas contrôler les migrants qui sont déjà admis sur son territoire. En effet, en supprimant la Grèce de la zone sans passeport du continent, cela pourrait enflammer les sentiments anti-UE dans l’ensemble de l’Europe, en particulier en Hongrie, l’Autriche, la République tchèque, la Roumanie et la Slovaquie, qui exercent déjà une politique semi-indépendante sur la crise en cours.

En fin de compte, l’Europe ne sera probablement pas en mesure de trouver une solution unique et complète à la crise des migrants en cours. Au lieu de cela, la bureaucratie européenne continuera à mettre en oeuvre des décisions du haut vers le bas pour maintenir l’unité de l’UE alors que les États membres individuels essaient de résoudre la crise par des mesures unilatérales. Les membres de l’UE utiliseront probablement l’échec de la Grèce à contrôler ses frontières pour justifier des mesures plus fortes de contrôle de leurs propres frontières pour des périodes de temps plus longues. Ce serait une façon de plus de facto de se retirer de l’accord de Schengen.
La crise actuelle va devenir particulièrement aiguë si une solution diplomatique de la crise syrienne n’est pas trouvée. En outre, il y a une forte probabilité que la crise soit alimentée avec de nouvelles interventions menées par l’OTAN en Libye. Ces développements vont façonner en profondeur l’UE. Et le modèle politique de l’Europe sera définitivement changé.

Dans le cas où le modèle de gouvernance de la bureaucratie ne change pas, l’UE continuera d’être impliquée dans une crise profonde de gestion et d’efficacité. L’incapacité de résoudre des défis internes et étrangers continuera à pousser les États membres à mettre en oeuvre des décisions de facto indépendantes qui pourraient conduire à la fin de l’UE comme une plateforme unifiée de la politique européenne.

Le chemin des réformes pendant la crise mondiale entraînera probablement la perte d’États membres chez l’UE, jusqu’à ce que l’organisation devienne suffisamment petite et cohérente pour gérer efficacement les défis contemporains. Le niveau de vie européen diminuera également parce que l’UE remodelée ne sera pas en mesure de le soutenir.
D’autre part, la crise multivectorielle en cours forme les fondations pour de nouveaux projets politiques indépendants qui ne seront pas gouvernés par la bureaucratie européenne ou par les puissances anglo-saxonnes de l’Atlantique Nord. Ces nouvelles entités devront compter sur le concept de la multipolarité et tenter de changer le paysage politique du continent européen si elles veulent survivre dans ces temps nouveaux et brutaux.

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